Networking9 min de lectureTerrence Tran

Comment organiser une expérience de networking dont les gens se souviennent

Un cocktail ne fabrique pas de réseau. Voici le déroulé qui transforme une salle d'inconnus en conversations utiles, et ce qu'il faut préparer en amont.

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Une bonne expérience de networking repose sur quatre décisions : annoncer un objectif chiffré, composer les premiers groupes plutôt que laisser faire le hasard, donner une question à chaque groupe, et prévoir une relance dans les 48 heures. Le format libre seul profite surtout aux personnes déjà à l'aise.

Le networking classique repose sur une hypothèse implicite : mettez des professionnels dans une salle avec des verres, ils se parleront. Dans les faits, un tiers reste avec ses collègues, un tiers part tôt, et un dernier tiers occupe l'espace. L'organisateur peut déplacer cet effort sur lui, c'est exactement son rôle.

Que veut vraiment un participant en arrivant ?

Pas un maximum de cartes de visite. Deux ou trois conversations dont il ressortira avec une idée, un contact utile ou une envie de recontacter. Cet objectif est atteignable et se pilote. Le nombre de personnes croisées, non.

Le succès d'une soirée de réseautage se mesure le surlendemain, au nombre de messages que les participants s'envoient entre eux.
Terrence Tran, fondateur d'affina

Quel déroulé fonctionne sur deux heures ?

SéquenceDuréeCe qui se joue
Accueil libre15 minLe temps que la salle se remplisse, sans enjeu
Ouverture5 minObjectif annoncé, règle du jeu, autorisation de quitter une conversation
Premiers groupes composés30 minChacun démarre avec 3 à 5 personnes et une question donnée
Rotation20 minNouveau groupe, nouvelle question, la salle est chaude
Libre40 minLes gens choisissent, avec du contexte en tête
Clôture10 minRappel du canal de suivi, invitation à noter deux contacts

Pourquoi composer les premiers groupes change tout ?

La première conversation fixe le niveau de la soirée. Si elle est bonne, le participant aborde la suivante en confiance. Si elle est laborieuse, il reste avec les personnes qu'il connaît déjà. Composer les premiers groupes à partir de trois réponses, ce que fait affina, revient à garantir cette première conversation plutôt qu'à l'espérer.

Quelles questions donner aux groupes ?

Évitez les présentations. Elles produisent des monologues de fonction. Préférez des questions qui font apparaître un besoin ou une compétence, car les mises en relation utiles naissent de là.

  • Sur quoi es-tu bloqué en ce moment, et qui pourrait t'aider ?
  • Qu'est-ce que tu sais faire que peu de personnes ici savent faire ?
  • Quelle décision as-tu prise récemment dont tu aimerais discuter ?
  • Qui aimerais-tu rencontrer, et pour quoi faire ?

Quels outils pour chaque brique ?

BesoinOptionsRemarque
Inscriptions et billetsEventbrite, Billetweb, Luma, HelloAssoLuma et Billetweb suffisent pour la plupart des formats de moins de 300 personnes
Questionnaire participantsGoogle Forms, Typeform, ou le questionnaire intégré à l'outil de groupesUn formulaire séparé oblige à recoller les données à la main
Composition des groupesTableur, générateur aléatoire, affinaLe hasard convient pour découper, pas pour créer des conversations
Animation en salleSlido, Wooclap, ou simplement des cartes impriméesLe papier fonctionne très bien pour donner une question par table
Suivi après l'événementGroupe WhatsApp, LinkedIn, liste de contacts partagéeÀ préparer avant, pas le lendemain

Que faire dans les 48 heures ?

Un lien créé sans suite s'efface. Les travaux de Jeffrey Hall sur le temps nécessaire à la formation d'une amitié rappellent qu'il faut de la répétition : une rencontre unique crée une possibilité, pas une relation. Envoyez un message qui rappelle une chose concrète de la soirée, proposez un canal, annoncez la prochaine date.

Quelles erreurs reviennent le plus souvent ?

  • Ouvrir sans annoncer d'objectif, ce qui laisse chacun deviner les règles sociales.
  • Laisser des groupes de huit se former : deux personnes parlent, six écoutent.
  • Prévoir un programme si dense qu'il ne reste aucun temps de conversation.
  • Placer le buffet à l'opposé du seul point de circulation, ce qui fige la salle.
  • Oublier les personnes arrivées seules, qui sont précisément celles venues pour rencontrer.

Questions fréquentes

Combien de temps doit durer un événement de networking ?
Deux heures suffisent pour un afterwork : quinze minutes d'accueil, une heure de séquences structurées, le reste en libre. Un format plus court de trente à quarante-cinq minutes fonctionne en ouverture de séminaire, à condition de composer les groupes en amont.
Faut-il un animateur pour un networking ?
Une personne qui ouvre, annonce l'objectif et donne le signal des rotations suffit. Ce n'est pas un rôle d'animateur professionnel, plutôt un rôle de maître du temps.
Comment aider les personnes timides à participer ?
En leur retirant la charge de l'entrée en matière : un groupe déjà composé, une question affichée sur la table, un tour de parole annoncé. Les formats libres reportent tout l'effort sur les participants les plus à l'aise.
Quel est le bon nombre de participants ?
Entre 20 et 120 personnes, un format structuré donne les meilleurs résultats. En dessous de 20, l'organisation légère suffit. Au-delà de 150, il faut découper en zones ou en créneaux, sinon la salle devient un brouhaha.
Comment mesurer si le networking a fonctionné ?
Trois indicateurs simples : le nombre de contacts que chaque participant déclare vouloir recontacter, le taux de réponse à la relance à 48 heures, et le taux de retour à l'édition suivante.

Sources

Pour aller plus loin

Des groupes compatibles à votre prochain événement

Vos participants répondent à un court questionnaire, affina forme les groupes et donne à chacun ses questions.